Grossesse 1 vs grossesse 2

Photo femme enceinte bord de mer noir et blanc
Janvier 2013, quelques jours avant la naissance de Raphaëlle

Certes les circonstances de mes deux grossesses ne sont pas les même, mais à la veille du 9e mois, j’avais envie d’une petite confrontation intellectuelle entre ces deux grossesses.
Autant ma première grossesse était anxiogène puisque les médecins nous ont très vite alertés quant au petit poids du bébé et de sa croissance lente. Beaucoup d’angoisses, d’inconnues, de rendez-vous médicaux ont rythmé cette grossesse. J’ai passé mon temps à compter les semaines, à espérer qu’elle se poursuive le plus longtemps possible pour ne pas cumuler RCIU et prématurité. donner toutes les chances à ce petit bébé de grandir bien au chaud était mon seul objectif.
Je me suis posée mille questions sur ce bébé en devenir que l’on nous décrivait comme fragile. J’avais beaucoup de mal à l’imaginer à me projeter avec ce bébé dans mon quotidien.
De façon contradictoire, je lisais beaucoup sur les stades de développement du foetus. J’avais l’impression d’être plus forte en sachant. de même, je me suis beaucoup renseignée sur l’accouchement, sur la théorie. je voulais savoir techniquement ce que maman et bébé vivaient. J’ai également regardé des vidéos de césarienne. Je ne travaille pas dans le corps médical donc ces images m’ont été difficiles, non pas à regarder mais à digérer. J’y pensais souvent ensuite. Paradoxalement, cela m’a fait du bien de savoir ce qui m’attendait.
J’ai attendu le dernier moment pour les achats « bébé ». Je n’ai acheté que le strict nécessaire pour les premiers jours, en vêtement. Je n’ai pas acheté de puériculture, juste un lit. Je ne me suis pas amusée à décorer une jolie chambre, à préparer un petit nid douillet pour l’arrivée d’une bébé, tellement l’arrivée en elle-même me paraissait incertaine. J’ai longtemps éludé le sujet « puériculture » lorsque mes copines déjà-maman me proposaient de me prêter telle ou telle chose.
Je m’écoutais peu, lorsque le corps médical me demandais si j’avais tels symptômes, tels petits maux de grossesse, j’étais tout simplement incapable de répondre, trop concentrée sur bébé.

Aujourd’hui je vis le 3e trimestre de ma seconde grossesse. Bien heureusement, elle se passe différemment. Nous ne saurons jamais vraiment si la science a aidé ou si le hasard a fait que cette grossesse se passe mieux. Le fait qu’elle ne soit pas anticipée a sans doute participé au fait que j’ai vécu le premier trimestre avec beaucoup moins d’angoisse. Elle représentait un « moins grand enjeu » (j’insiste sur les guillemets!) que la première grossesse. Cette « première », ce « précieux » tant voulu, après 2 ans et demi d’essais. Là bébé se présentait comme un cadeau, une magnifique cerise sur le gâteau, la continuité de notre famille. J’ai moins appréhendé la fausse couche, me disant que la nature était souvent bien faite (oui souvent, pas toujours, mes années d’attente ne m’ont pas fait oublié les nombreux DNLP pensés si fort!). Je me suis donc peu penchée sur cette grossesse encore fictive, car inattendue, avant le 4e mois. De façon contradictoire, nous l’avons annoncée à notre entourage, bien plus tôt, comme si le secret d’une première grossesse avait moins lieu d’être pour une seconde.
Je me projette bien mieux avec ce deuxième bébé. J’ai acheté il y a peu des couches pour nouveaux-nés, les vêtements pour le premier mois et je suis bien plus détachée des aspects techniques de la grossesse. Je chine, je récupère des jouets, des vêtements, je prépare son petit nid (un espace dans la chambre de Raphaëlle, en attendant d’avoir la sienne dans la nouvelle maison). Je m’écoute plus. Mon ventre est plus gros (car bébé est plus gros lui aussi), j’ai plus de difficultés au quotidien, pour marcher longtemps, pour porter des choses, pour me baisser. Je profite, pour ce dernier mois, de mon statut de femme enceinte!
J’ai juste hâte qu’il arrive désormais. J’ai hâte de vivre les premiers jours, manqués avec Raphaëlle, car elle était en néo-nat. J’ai hâte de sentir ce petit corps tout chaud, de le manipuler avec mille précaution. J’ai envie des premiers mouvements au ralenti, des petits gestes « animal » et primitifs.

 

 

8 commentaires sur « Grossesse 1 vs grossesse 2 »

  1. Les grossesses sont souvent différentes , tout comme les enfants . Cette deuxième grossesse est plus sereine et vous en profitez plus sans doute . Vivez donc pleinement de ce dernier mois avec petite Citrouille qui sera bientôt  » la grande  » mais qui est encore pour quelques semaines votre Bébé!
    Amitiés .

    Annie

    1. Oui bientôt, elle sera « grande ». Il me faudra veiller à ne pas la faire grandir trop vite sous prétexte de l’arrivée d’un petit frère. C’est encore une toute petite, mais j’y veillerai!
      A bientôt!

    1. Passer de 3 à 4 peut sans doute bouleverser un peu l’équilibre familial, surtout les premiers temps. Petit à petit (et avec les nuits plus longues!), je suis certaine que nos bébés sauront se faire à leurs familles. Il parait que les seconds s’adaptent bien vite à la vie de famille, poussés par les ainés… nous verrons!

  2. Je me retrouve beaucoup dans ton expérience.
    Pour Petit bonheur beaucoup d’attente (18 mois d’essai que j’ai vécu comme une éternité) et d’angoisses pendant la grossesse. Sa chambre n’était pas prête et décorée, même si son berceau était installé.
    Pour Jolie douceur qui est arrivée « comme ça », le plus facilement du monde, j’ai vécu la grossesse bien différemment, avec d’autres craintes mais pas avec la peur de l’inconnu (l’ignorance?!) total. Sa naissance m’a « réconciliée » avec la maternité et j’ai vécu à 1000% les moments si forts du départ, notamment la rencontre (la néonat pour un 1er ça traumatise un peu quand même) …

    1. Oui la néonat n’est pas une expérience agréable surtout pour un premier comme tu dis.
      J’espère vivre intensément les premiers instants avec Junior, tout en laissant de côté ma culpabilité de ne pas être avec ma « grande » durant ce temps… mais c’est un autre sujet…

    1. C’est une grossesse bien différente de la première. elle l’aurait été de toute façon puisque c’est la seconde. Elle a aussi un goût de « dernière » car nous n’aurons sans doute pas trois enfants. Et que oui, ça fait du bien de savourer, de penser à soi un peu égoïstement, d’avoir des préoccupations futiles tels que les vêtements à mettre à bébé 🙂

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