L’allaitement avorté

allaitementL’allaitement de Valentin s’est mis en place le plus naturellement du monde, il savait téter, je connaissais la position à lui faire prendre. J’avais envie d’allaiter mais toujours des doutes, jusque dans la salle d’accouchement, les « mais » étaient bien présents, du coup j’hésitais encore et toujours. Finalement je me suis laissée guidée par ce petit être tout neuf, qui tétait déjà goulûment, en silence, à tel point que les sages femmes doutaient qu’il buvait bien.

Les trois jours passés en tête à tête avec lui à la maternité ont été idylliques, l’allaitement était comme dans les livres : na-tu-rel. J’avais bien quelques interrogations nocturnes que ma copine Mymy savait dissiper, et là le décalage horaire entre Marseille et Dubaï était le bienvenu!
Je n’avais rien d’autre en tête que ma famille; ce petit Valentin à présenter à sa grande soeur, la grande soeur qui nécessitait toute mon attention à chacune de ses visites avec l’Homme, qui lui même était partagé entre rester avec moi et rentrer avec notre Petite Citrouille.

Nous avions convenu ensemble bien avant la fin de la grossesse que l’Homme rentrerait chaque soir à la maison, avec Raphaëlle, pour qu’elle garde ses marques et je ne trouvais d’aucune utilité qu’il soit aussi fatigué que moi par la vie à la maternité. Il est bien connu qu’un hôpital n’est pas le meilleur endroit pour se reposer, entre deux visites de sages femmes, de puéricultrices, du personnel d’entretien et cie…

3 jours et 4 nuits en tête à tête avec ce petit inconnu que je n’osais pas trop manipuler encore. J’ai attendu la fin de sa deuxième journée pour lui enlever son bonnet et observer son crâne, détailler ensuite chaque partie de son corps, pour le découvrir. Nous faisions connaissance.

Durant ce temps, on s’occupait de l’intendance pour moi : les repas, le ménage, et Raphaëlle. L’allaitement dans ces conditions était facile, je ne l’ai compris qu’une fois rentrée à la maison… Après 10 jours à peine d’allaitement, j’ai choisi d’arrêter là, de préférer « la facilité » du biberon. Je ne me cherche pas plus d’excuses que celles déjà citées, j’avoue même avoir éprouvé un certain soulagement à disposer de mon corps pour moi et moi seule. Je crois que la grossesse puis l’allaitement à la suite faisaient beaucoup. J’avais beau me dire que la lactation allait se régulariser, je vivais mal de me réveiller, le tee-shirt trempé par les écoulements nocturnes. En l’écrivant je me dis que c’est finalement un détail. Peut être…

Toujours est-il que depuis l’arrivée du biberon dans la bouche de Valentin, je prends bien plus de plaisir à lui donner à manger, je le câline avec douceur, je le bizouille beaucoup plus. En quelque sorte, le biberon nous a rapproché.
Envolée donc la culpabilité de ne pas allaiter, place à une maman bien mieux dans sa peau, ravie de se retrouver un peu et de profiter de ses kids!

Crédit photo : santepratique.fr

SelectionHC

6 commentaires sur « L’allaitement avorté »

  1. Je suis contente d’avoir pu t’aider un peu C’était cool qd même comme si j’avais été sur le fauteuil à côté de toi à la mater.
    Ma chère Magicitrouille, le plus important c’est que bb aille bien et qu’il mange bien. Et si la maman va bien, et bien le bb est heureux 🙂

  2. Je le trouve chouette et déculpabilisant ton témoignage.
    Perso j’ai trouvé « pratique » d’allaiter ma deuz (alors que le 1er bof!) mais l’essentiel est avant tout d’être bien dans ses pompes et dans ses choix, allaitement ou pas.

    1. Je pense que ça devient confortable quand le rythme est pris. C’est sur que ce sont des économies, moins de vaisselle, mais il faut persister un peu pour trouver le rythme.
      J’en garde un bon souvenir malgré tout, bien plus qu’après Raphaëlle.

  3. D’accord avec matin bonheur, très chouette témoignage, qui ramène les choses à leur juste mesure ! Pas de drame si tu préfères arrêter, et aucun bébé traumatisé d’avoir bu du lait industriel pendant quelques mois, à ma connaissance 😉 Pour moi avant ce n’était même pas un sujet, mais depuis que j’ai découvert les blogs maternité j’ai parfois l’impression que les enjeux de l’allaitement sont casiment de l’ampleur de la 3ème guerre mondiale. Franchement relativisons !

    Et puis comme toi j’ai adoré donner son premier bib à mon fils. Après deux mois d’allaitement qui se passait bien, ça a pourtant été notre premier moment d’échange, yeux dans les yeux. C’était magique ! Et ça vraiment été un tournant positif dans notre relation. Alors 0 culpabilité. Na.

    1. Merci, je suis contente d’avoir su faire partager ce que j’ai ressenti. L’idée n’était pas de créer de polémique, car je ne suis ni pour, ni contre l’allaitement. Finalement le timing n’était pas bon pour moi, ou peut être que ce n’est simplement pas trop ma tasse de thé.
      Je trouve également qu’on met beaucoup de pression autour de l’allaitement. Finalement quel que soit la façon dont bébé est nourri, l’important est surtout qu’il soit aimé pour bien grandir!
      0 culpabilité. Na 🙂

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