L’apprentie maman à temps plein

Voilà un mois et demi que je profite de mes enfants à plein temps, que je m’occupe d’eux à plein temps. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent puisque Raphaëlle a été chez une assistante maternelle à 4 mois. J’étais Maman le week-end. J’étais fière de réaliser ses progrès. Contente de voir qu’on avait trouvé une nounou qui faisait bien son boulot, à savoir prendre soin physiquement et émotionnellement de notre poupée, mais qui avait également à coeur de l’éveiller chaque jour un peu plus, de lui apprendre des choses, de la tirer vers le haut.

C’est ma vision des choses, pour mes enfants comme pour moi, chaque jour doit être source d’apprentissage. Et c’est bien plus facile à 2 ans qu’à 30… Chaque jour je m’attache à faire d’une nouvelle journée qui débute, une journée enrichissante; une rencontre, un lieu nouveau, un mot inconnu, une situation nouvelle…

M’occuper de mes enfants à plein temps rend cette tâche plus difficile puisque chaque jour il faut trouver ce qui rendra cette journée enrichissante, pour Raphaëlle (et pour moi aussi). Il est vrai que j’ai du mal à ne pas proposer quelque chose à faire à Raphaëlle, j’ai l’impression qu’elle « n’apprend » rien lorsque je ne la guide pas. Et puis je suis vite ôtée cette idée de la tête. Elle n’a pas uniquement besoin d’apprendre à tout pris des choses que je considère comme importantes. Jouer seule dans sa chambre, déambuler de sa chambre au salon avec divers jouets, en élaborant des scénarii sont des moments importants. Elle développe son imagination, elle joue à sa guise, sans contrainte aucune. Je la laisse libre, je vaque à mes occupations, et puis elle revient vers moi, je comprends qu’elle souhaite me voir revenir dans son univers. A moi de « saisir » cette occasion. Je lis l’histoire qu’elle me tend, puis une autre, puis une autre (!), je bois des cafés imaginaires, j’énumère les femelles et les bébés des animaux…

Mais quelle est la limite entre « je laisse jouer mon enfant » et « je ne m’occupe pas de lui » ?
Parfois, je me blâme en me disant que je n’ai rien fait avec elle de la journée, je ne lui ai rien appris. Elle a joué seule. Je suis une mauvaise mère je ne m’occupe pas bien de ma fille. Je ne la stimule pas.

Et puis je réfléchis, bien sûr que je lui ai appris des choses : je lui ai montré que je l’aimais en la levant avec douceur le matin, je l’ai fait rire en l’habillant, je l’ai consolée lorsqu’elle est tombée au parc, je l’ai aidée lorsqu’elle me demandait mon aide pour enfiler pour la 40ième fois de la journée le pyjama de sa poupée, je lui ai sans doute appris quelques nouveaux mots en lui parlant au cours de la journée, je lui ai transmis l’envie de cuisiner avec moi…
Toutes ces choses que je fais sans m’en rendre compte finalement. Du bon sens selon moi.

Selon moi…
Puisque je m’occupe de mes enfants à plein temps, j’ai l’occasion de côtoyer les assistantes maternelles du quartier au parc, les mamans au détour d’une promenade, les animatrices à la ludothèque pas plus tard que ce matin, et je réalise que ces petits choses ne sont pas du bon sens pour tout le monde.

De celle qui hurle sur un petit, de celui qui attrape le gamin et le colle dans la poussette sans lui dire pourquoi et comment, de celle qui enchérit les potins du quartier pendant que l’enfant manque de se casser une jambe… Je réalise que je ne fais pas si mal finalement…

Je reçois souvent le compliment que ma fille est calme. Cela vient sans doute de son caractère, mais aussi de l’environnement dans lequel elle évolue. Non je n’hurle pas quand elle fait une colère pour la calmer. Avez vous déjà essayer de calmer quelqu’un en hurlant plus fort que lui?
On dit merci RIE aussi…

On me dit souvent qu’elle a du vocabulaire. Oui je lui parle normalement, j’explique tout avec les mots de la langue française. Elle ne va pas faire dodo, mais elle va au lit. Un chien est un chien et non pas un oua-oua (véridique j’ai entendu une assistante maternelle parler comme ça au square!)

Je tente de développer son autonomie sans la brusquer. Je l’aide à grandir, je l’aide à faire seule, avec un zeste de Montessori, un soupçon de Reggio, avec ma personnalité, mon vécu… est ce que je fais bien tous les jours?

Moi aussi j’apprends chaque jour un peu plus de cette situation. J’aime planifier mes journées sans me les dicter à tout prix. Je fais plaisir à mes enfants mais je ne m’oublie pas non plus. Je leur prodigue une routine rassurante sans m’y enfermer. M’occuper de mes enfants à plein temps n’est pas facile mais il est probable que ça me manque lorsque je devrai retourner au travail…

la routine du matin
La petite routine du matin; un réveil en douceur

 

4 commentaires sur « L’apprentie maman à temps plein »

  1. Je me retrouve beaucoup dans cet article. Dans cette envie de découverte et de nouveauté chaque jour (une recette, un lieu ou un itinéraire différent, une expression), dans ce bon sens pas si évident pour tous qui me donne parfois l’impression de vivre sur une autre planète et de voir des mondes parallèles (ici aussi on appelle un chat un chat et je parle aux enfants comme à de « vraies personnes » et non je ne suis pas très potin !).
    Par contre chez nous c’est un peu l’inverse, les enfants ont plus de difficultés à s’occuper seuls (ou ensemble mais ça c’est une autre histoire), je crois pourtant que ces moments d’autonomie sont aussi importants qu’ enrichissants. On n’apprend pas uniquement en faisant mais en s’imprégnant de ce qui nous entoure. Un équilibre à trouver…

    1. Un équilibre à trouver. Certains jours sont plus faciles que d’autres…
      Et pour ta part ce doit être différent avec les enfants que tu gardes. Mais pour garder la forme, le moral et l’envie de faire mieux, chaque jour doit être nouveau, avec son petit grain de différence.

  2. Ton article me rassure. Moi aussi j’ai parfois l’impression de ne pas passer beaucoup de temps avec ma fille, à lui apprendre des choses. Mais en fait si, elle apprend sans cesse de nouveau mot, nous étonne chaque jours avec de nouvelles acquisitions. Elle joue de plus en plus seule mais elle vient régulièrement me voir comme toi pour habiller sa poupée, l’aider à quelques chose, réclamer un câlin (ou un gâteau!) . Je lui parle également comme une personne (sauf peut-être pour le dodo 😉 ) et ce depuis qu’elle est née. Je lui explique toujours ce que je fais, ce qu’on va faire, dans quel ordre, où on va aller et pourquoi, je lui nomme les choses nouvelles… Et au parc, je reste à coté d’elle et je joue avec elle.
    Il m’arrive de lui crier dessus (un peu souvent ces derniers temps…) mais ensuite je lui explique calmement toujours pourquoi j’ai été fâché, je m’excuse d’avoir crié et je lui fais un câlin.
    On apprend à être maman à chaque instant.

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